A partir de la création théâtrale Nulle part mais surtout hors du monde, OLIVIER COMPANY livre un objet onirique. A la fois témoin de l’expérience humaine et théâtrale, ce film propose un voyage envoûtant et déroutant, à la faveur de la nuit.
« Tout débuta le jour où Delphine me parla de son projet de monter une pièce de théâtre avec des prisonniers. Elle m’en parla comme on se parle régulièrement de nos projets, sauf que là, elle voulait que j’y participe, et que j’y participe en tant qu’acteur !
Je la remerciai en lui disant que j’allais y penser…
Puis je lui proposai de suivre le processus de création caméra à la main et pourquoi pas d’intégrer la vidéo au spectacle si l’occasion se présentait.
On essaya de se fixer quelques lignes directives avant le début des répétitions mais on se rendit vite compte qu’il n’y avait pas là de lignes à suivre à part peut-être celles de l’instant, à chaque fois fait de sa part de nouveautés.
On ne pouvait pas faire de plans. Plus facile à admettre pour moi, qui n’avais qu’à planter mon œil sur l’histoire se faisant.
J’ai donc, dans un premier temps, commencé par filmer. Des heures et des jours de répétitions (rarement avec les mêmes participants), sans savoir à quoi serviraient ces images. De courts essais sortirent de ces « rushes » avant d’attaquer le montage final. A ce stade, la pièce avait été jouée, filmée, et l’aventure pour tout le monde touchait à sa fin. Pour moi, elle commençait.
Il s’agissait de réunir. Réunir les milliers de plans, réunir les témoignages et l’histoire de la pièce, les moments de vie commune et les heures de répétition ; réunir la prison et la nuit polaire.
Ce film, par des successions de plans qui auront parfois l’air aléatoire, tente de tisser des liens entre les différents niveaux de réalité qui cohabitent, se croisent et se chevauchent dans un projet de cette nature.
La création de « Nulle part mais surtout hors du monde », s’étendant sur plus d’une année, prit des allures extrêmement variées, changeant de visage à chaque étape. Je découvris ainsi une fois de plus que le chemin parcouru était aussi important que le résultat final. J’espère que le film saura témoigner de cet état de fait. »
Olivier Company
