Foire Aux Questions

  1. Quels genres de projets Prélude souhaite-t-il soutenir ?
  2. Prélude prévoit-il d’intervenir auprès de tous les types de peines ?
  3. Existe-t-il une réelle demande de la part des personnes détenues ?
  4. Qu’entend-on par risque d’ « instrumentalisation » des personnes détenues ?

Quels genres de projets Prélude souhaite-t-il soutenir ?

Les actions soutenues et coordonnées par Prélude peuvent aussi bien résulter d’un projet d’artiste que répondre à la demande d’un groupe de personnes détenues. Ponctuelles – projection, concert, spectacle, débat, conférence - ou d’une durée indéterminée – atelier donnant lieu à une création partagée -, les interventions peuvent varier dans leur nature et dans leur déploiement.

Prélude donnera toutefois sa préférence aux projets de création partagée, doués d’une finalité. L’intervention devrait aboutir à une réalisation susceptible d’être présentée à un public, voire diffusée à l’extérieur de la prison – représentation, exposition, publication, enregistrement, etc. Le concept doit laisser entrevoir une possibilité de suivi, assuré par Prélude, au terme du projet. Il s’agit pour celui-ci de s’émanciper et de se poursuivre au-delà de l’action.

Les projets qui contribuent à la valorisation des éventuelles infrastructures en place, telles que bibliothèques, atelier vidéo, laboratoire photo, etc. retiennent également toute l’attention de Prélude.

La sélection des dossiers relève de la direction de Prélude. La qualité, l’originalité, l’adaptabilité du projet au contexte carcéral sont évaluées, tout comme les motivations et les objectifs de l’intervenant.

Prélude prévoit-il d’intervenir auprès de tous les types de peines ?

Il faut tenir compte du fait que la réalisation d’un projet de création partagée s’adapte mieux aux arrêts, à l’emprisonnement et à la semi-liberté qu’à la préventive. En effet, au vu des contraintes sécuritaires particulièrement strictes imposées en préventive et de la durée aléatoire des séjours, Prélude se consacrera plutôt aux prisons d’exécution de peines et mesures, dans un premier temps du moins.

Ainsi, les actions concerneront, avant tout, les personnes en exécution de peines ainsi que celles placées sous le régime de la semi-liberté. Celles-ci bénéficient du droit de travailler à l’extérieur de la prison, avec l’obligation d’y retourner aux alentours de 21h – heure qui varie selon les cantons. Le laps de temps compris entre la sortie du travail et le retour à la prison s’avère souvent difficile à combler, dans des situations où les liens familiaux ont été interrompus ou s’avèrent simplement inexistants. Des ateliers de créations partagées « hors les murs » pourront être mis en place pour ces personnes.

La nature, la durée, la flexibilité du projet ainsi que les personnes à qui il s’adresse (hommes ou femmes) déterminent son attribution à un établissement pénitentiaire. Les rapports entretenus avec l’administration pénitentiaire et les différentes directions d’établissements influent par ailleurs naturellement sur la mise en place d’une action.

Existe-t-il une réelle demande de la part des personnes détenues ?

Prélude ne conçoit pas la question de la demande, telle qu’elle se pose traditionnellement. Il n’est pas question d’ajouter un nouveau dispositif culturel au nombre de ceux qui composent déjà « l’offre culturelle », mais plutôt d’aller à la rencontre de ceux qui n’ont pas bénéficié d’un accès facilité aux pratiques artistiques, pour des raisons éducationnelles ou économiques, et de conquérir de nouveaux territoires, de nouveaux publics. L’action culturelle propose d’investir des lieux vides de culture, au sein desquels il s’agit d’intervenir, de suggérer, d’inviter, de collaborer pour enfin créer et dessiner des perspectives.

Il est toutefois bon de préciser que, en se déployant en prison, le projet interfère nécessairement avec la façon dont vit l’établissement, que ce projet ne peut donc être conçu indépendamment des diverses stratégies déployées par les acteurs d’une institution close. Par conséquent, si la population carcérale réagit à l’offre de Prélude, si les détenus y prennent part, ce peut être pour des motivations très variées et qui échappent parfois au projet en lui-même.

Qu’entend-on par risque d’ « instrumentalisation » des personnes détenues ?

L’instrumentalisation suppose l’utilisation ainsi que la manipulation d’un sujet – argument ou personne, par exemple – à des fins personnelles. Dans le contexte spécifique de l’action culturelle en prison, on peut considérer qu’il y a instrumentalisation des personnes détenues, lorsque l’intervenant tire profit de la singularité du projet pour se valoriser, au détriment des participants avec lesquels il a collaboré. Un tel phénomène se produit d’autant plus aisément qu’il y a communication de la réalisation à l’extérieur de la prison, par le biais des média notamment. Les expériences déjà menées semblent démontrer une tendance des productions au voyeurisme, au misérabilisme, à l’exploitation de stéréotypes véhiculés par le cinéma et la littérature, tels que le destin pathétique du prisonnier, l’horreur ou la fascination que suscite le criminel. L’action doit plutôt contribuer à une revalorisation des personnes pour les autres et pour elles-mêmes.